Love Today

Love Today
Today plutôt a good day. Ces mêmes élèves littéraires qui m'avaient navrée avec l'histoire des cahiers Sri Lankais hier m'ont redonné la pêche aujourd'hui. Il faut dire qu'une partie du cours était hors norme : 30 minutes d'initiation au chinois. J'en avais fait pendant trois ans quand j'étais à la fac, pour le fun, avant le raz-de-marée d'intérêt que suscite cette langue aujourd'hui.
Ce matin, je reprends donc une trentaine d'idéogrammes de base pour formuler quelques mots, 'bonjour', 'au revoir', 'merci', les chiffres, savoir dire son âge et sa nationalité... J'explique aussi le fonctionnement de la structure de phrase chinoise (pas d'accords grammaticaux comme en français, le rêve) et de la prononciation (par contre un véritable cauchemar selon les intonations). Et là, génial, le déclic, je vois que cela les intéresse beaucoup et qu'une langue qui leur semblait être une montagne infranchissable il n'y a pas une demi-heure devient un exercice rafraîchissant pour eux. Ils tracent des signes au tableau, font des phrases correctes, et s'amusent. Cool. Mission ouverture d'esprit accomplie.
Bon cours aussi avec mes petits durs, qui s'intéressent au texte sur un personnage malade du SIDA, et qui posent plein de questions pertinentes sur le sujet. Il y a des jours d'état de grâce comme ça, qu'on ne saurait expliquer ni prévoir...

Et puis toujours un good day parce que today j'ai la CHANCE de recevoir dans mon casier les v½ux de bonne année scolaire 2007-2008 de mes inspecteurs. Lettre écrite le 1er septembre et donc reçue le 23 janvier, c'est logique, dans laquelle on nous demande (pour changer) de nous prosterner devant les bulletins officiels et de vénérer le site (le Dieu ?) de l'Education Nationale (un website qui beugue régulièrement et qui est parfois incompréhensible, soi dit en passant). J'ai tout particulièrement apprécié le passage dans lequel on nous demande de réserver bon accueil aux assistants... début octobre (mais bon, mieux vaut tard que jamais, hein). J'ai aimé celui aussi où on nous annonce que les textes officiels sont 'en vente' au CRDP. L'école du rire, je vous dit que ça. J'ai mal aux côtes tellement je me marre. Vu la misère que je gagne par rapport à mon niveau d'étude, bien sûr qu'encore en plus je vais ACHETER les directives sur mon métier... Arf...

Today, on m'a aussi demandé 3000 fois si je faisais grève demain : 'hé Madame, vous faites grève ???' (lueur d'espoir fou dans les yeux). Quand je réponds que non, je vois tous leurs rêves de grasse mat' sous la couette s'évanouir, toutes ces parties de console, rétalés dans le salon, réduites à néant. Gnar gnar, je suis cruelle... Ils insistent : 'allez quoi Madame, faut vous reposer'. A quoi je réponds : 'Mais quel soudain intérêt pour ma santé !? Ah, ça me va droit au c½ur, merci les enfants'. Réponse (quelques grognements étouffés) : 'de toute façon, vous vous foutez toujours de nous'. Moi : 'eh oui, et en plus je suis payée pour ça'.
N'empêche, je m'attends à ce que mes élèves fassent massivement grève à ma place demain (lol). Cela arrive souvent que nous nous retrouvions face à un couloir vide, ou face à deux ou trois clampins – pas forcément les meilleurs ni les plus motivés – pour des cours quasi-particuliers. C'est d'un ennui mortel, je peux vous l'assurer. A la limite, je préfère une classe de chahuteurs.
Ce qui est fabuleux en tout cas, ce sont ces parents qui nous traitent de fainéants alors que leurs propres gamins sont les premiers à déserter ces jours-là. 'Vaut mieux balayer son paillasson avant de critiquer', comme me l'a dit un jour un élève.
Bref, on verra demain.

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# Posté le mercredi 23 janvier 2008 11:25

litanie du chauffeur de bus scolaire (Playmobil)

litanie du chauffeur de bus scolaire (Playmobil)
Elodie, arrête de courir entre les voitures ! C'est dangereux, combien de fois je vais devoir te le dire ! Ah mais c'est terrible à la fin, ça vous suffit pas de pousser ma femme à bout pendant les cours (en plus, la pauvre, elle a été violemment prise à parti par Barbie Teacher, elle n'arrive pas à s'en remettre)... Oui oui les enfants, vous savez très bien de quoi je parle ! Qui l'a traitée de 'bouffonne', hein ? Arrêtez de jouer les innocents là ! Si ça continue, elle va vraiment démissionner, et vu qu'on ne s'en sort déjà pas avec nos deux salaires... Oh hé, ça va Moussa, arrête de frimer hein, c'est pas parce que ton père est chef d'entreprise et moi chauffeur de bus scolaire que tu dois te permettre ce genre de remarques. Un minimum de respect, quand même... C'est ça, tourne moi le dos, tu crois que je ne te vois pas me faire un doigt d'honneur ? Et le reflet dans mon beau bus jaune alors ? Ouais ouais, je vois tout moi... Ah bien sûr, qui est mort de rire ? C'est Dylan pour changer... N'empêche, Dylan, ma mère à moi n'est pas en taule pour prostitution... Bon allez maintenant j'en ai marre de jouer les marionnettes au milieu de la route, vous montez et je ne vous entends plus... (vroum) Non, je ne mets pas Skyrock... Non je ne monte pas le chauffage... Non je n'ai pas de briquet... Laissez moi conduire tranquille cinq minutes, ou on va encore avoir un accident... Dans le fond là-bas, Amandine, tu crois que je ne te vois pas graver les vitres ? Allez, pose ce cran d'arrêt tout de suite... Non mais sans blague, la semaine dernière vous m'avez fait pour 2000 euros de nettoyage de tags, c'est pas suffisant ? Comment ça 'je mitonne' ? Mais je sais très bien que c'est vous, vous me prenez vraiment pour un imbécile, hein ? C'est pas parce que j'ai un sourire en plastique figé que je suis un gogo. Et puis les fauteuils lacérés à la rentrée, c'est quand même bien vous aussi, ça... Pff, si le proviseur a retiré la plainte, c'est juste grâce à la PEEP, estimez-vous heureux. Ah voilà l'école, allez, n'oubliez pas de passer à la fouille avant d'entrer. Regardez, Jennifer y est déjà. Ouh là, je crois qu'ils ont trouvé son shit... A ce soir (soupir)
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# Posté le jeudi 24 janvier 2008 12:14

tout va bien, je vais bien, tout va bien, je vais bien...

tout va bien, je vais bien, tout va bien, je vais bien...
Ca y est, j'ai craqué. Je n'ai rien écrit hier. Trop fatiguée, désolée. Je vais essayer de me rattraper maintenant.

Pour en revenir au jeudi jour de grève, j'ai effectivement, comme je l'avais prédit, passé une journée pitoyable à attendre le client et à essayer de motiver les quelques neuneus qui sont venus, soit à peu près un quart de mes effectifs habituels. Je dis 'neuneus' car toute la journée j'ai eu droit à la même question : 'on va pas faire cours, hein Madame ?'. Moi : 'bien sûr que si !'. Eux : 'pffffffffff... mais il en manque plein'. Moi : 'alors il ne fallait pas venir, et en assumer les conséquences comme des grands'. C'est dingue ça, si je me donne la peine de venir c'est (déjà parce que je ne crois plus à la grève, je l'ai déjà dit, mais aussi) pour faire cours et pas pour jouer à la belote ou faire des pendus.
En notant les absents, j'ai pu constater que certains se fichaient ouvertement du monde, vu que je sais pertinemment qu'ils habitent à moins de 10 minutes à pied du lycée. On vit quand même dans un monde extraordinaire, parce que le lendemain au zapping on voyait les enseignants se faire tailler un joli costard (pour changer) dans le journal (journal ?) de Pernaut : je cite, 'pendant ce temps là, les enseignants en grève vont faire les soldes'. A ben moi désolée Jean-Pierre, je faisais pas les soldes. A la rigueur je faisais les dernières démarques chez certains cerveaux d'ados...
J'ai vu Darcos en interview également, à 99% du côté des parents et à 1% du côté de ses enseignants, avec vers la fin de son speech un très très très léger 'je respecte le principe de la grève', tout de suite suivi par un très très très lourd 'mais les parents ont le droit de bla bla bla...' Lui, il fait tout pour se rendre sympathique à nos yeux... Il a également présenté son Service Minimum comme un succès, alors que presque tous les médias s'accordent pour dire que moins d'une municipalité sur 10 a assuré un accueil correct aux enfants. M. Darcos devrait peut-être revoir sa copie, sans mauvais jeu de mot...

Pour finir, une petite anecdote qui complète bien mon article 'Incivilités' d'il y a quelques jours, sur le manque d'éducation basique des élèves. Salle des profs, entre deux heures de cours, hier. Deux élèves sont à la porte, et, comme c'est le règlement, elles demandent à une collègue si Mme Machin est là (interdiction de rentrer dans la salle des profs pour les élèves, sinon cela serait vite la pagaille). La collègue dit gentiment que non, mais qu'elle peut déposer un document dans le casier de cette Mme Machin.
En fait, il s'agit d'une clé USB, donc les deux filles ont tout intérêt à ce qu'elle ne se perde pas. N'empêche, il me semble que les profs sont assez qualifiés pour mener sans se perdre un objet d'un point A à un point B, dix mètres plus loin. Et bien non ! Les filles hésitent, puis lui donnent la clé à contrec½ur, en ayant le culot de lui dire 'on vous fait confiance, hein'. Comme à un petit enfant à qui on a confié 1 euro pour aller acheter du pain.

Lycée = mad house. Il ne manque plus qu'un panneau comme celui de la photo (une authentique petite merveille trouvée sur le web). Je propose: HIGH SCHOOL. NO BRAINS. NO WORK HERE, PLEASE. Et vous?

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# Posté le samedi 26 janvier 2008 09:43

Modifié le dimanche 27 janvier 2008 11:10

pourquoi les profs sont-ils des moins que rien Vol. 1

pourquoi les profs sont-ils des moins que rien Vol. 1
Je pense que pas mal de facteurs l'expliquent. Ca sera la REVOLTE DE PLUSIEURS JOURS car il a beaucoup à dire.
Tout d'abord, une petite parenthèse pour commencer cet article : les jouets. Vous l'avez bien sûr remarqué, j'affectionne particulièrement les jouets liés à l'éducation, d'ailleurs je m'attends un jour ou l'autre à voir mon site annulé par Mattel, Playmobil ou Plastoy (non, arrêtez les gars, je vous fais de la pub !!!). J'ai en ma possession quelques magnifiques collectors de gashapons représentant une salle de classe de manga (gashapon = petite figurine en plastique à assembler soi-même). Cependant, le thème reste assez difficile à collectionner. Voyez Playmobil par exemple : les gammes pompiers, policiers et même la poste sont reconduites chaque année, alors que pour trouver une salle de classe c'est assez laborieux. Il faut se rabattre sur Internet, les vide-greniers... Conclusion : l'éducation, c'est pas glam', et si l'un des plus grands fabricants de jouets unisexes oublie l'école, c'est bien parce que le métier de prof ne fascine pas les enfants. CQFD. Même chose pour l'amie Barbie, que j'ai eu beaucoup de mal à trouver pour ce blog (la photo, hein, parce que la poupée je m'en passerai...)
En fait, les gamines d'école primaire se voient encore souvent comme 'maîtresses' plus tard parce qu'elles adorent la leur, mais dès le collège l'enseignant ne passionne plus du tout. Cela devient souvent l'un des 'pires métiers' possibles, lorsque l'on interroge les élèves à ce sujet au moment de l'orientation. Ah les élèves... Les premiers à être de mauvaise foi quand ils sont punis, mais aussi les premiers à dire qu'ils ne pourraient jamais supporter des enfants comme eux-mêmes à notre place.

Bien entendu, les principaux responsables de la situation, de ce mépris ambiant, sont certains parents qui déballent des bordées d'insanités sur les profs à longueur de temps, et bien sûr devant leurs enfants. Faut-il s'étonner ensuite que les élèves aient si peu de respect pour nous ? Les profs, 'ça fout rien', 'c'est tout le temps en vacances', 'ça trouve tous les prétextes pour pas aller travailler', 'c'est payé grassement à faire 18h par semaine' et 'ça ferait bien de voir comment ça se passe en entreprise'. Voilà ce que j'entends très régulièrement. Même au sein de ma propre famille. En ce qui concerne les vacances, les 18h et la paye, j'y reviendrai un autre jour, car j'ai bien des choses à dire là-dessus aussi (lol). Pour ce qui est du travail en entreprise, je veux bien croire que cela puisse être difficile, mais alors je pose simplement cette question : si c'est si cool d'être prof, pourquoi si peu de candidats ? Pourquoi ceux qui souffrent le martyre dans le privé ne viennent-ils pas rejoindre nos rangs ?

Mais revenons-en aux parents: maintenant, quand nous donnons une sanction du type heure de colle, il faut s'attendre à devoir s'en expliquer devant les parents. Le rapport écrit, détaillé et signé (temps perdu sur nos heures libres), le contact avec le CPE, ne suffisent plus. Non, maintenant, nous nous faisons littéralement CONVOQUER par des gens qui veulent en découdre avec le petit prof de m**** de leur enfant chéri. Encore, ce serait pour parler calmement et simplement du problème de l'enfant, je le comprendrais car nous sommes tenus à un minimum de contact avec les familles, mais depuis quelques années, les rencontres sont empreintes d'agressivité. 'Prendre rendez-vous avec un prof', cela devient 'régler son compte à un prof', le calmer un bon coup, ce sale feignasse de fonctionnaire. Remporter une victoire face à lui. C'est très souvent connoté socialement d'ailleurs.

Exemple de situation: un soir de rencontre parents-professeurs, lorsque des parents en profitent pour m'agresser verbalement. Rappel des faits deux semaines plus tôt: assez bon élève, X ne me rend pourtant pas un travail un matin. Son motif est qu'il l'a fait, mais il l'a 'oublié à la maison'. Comme pour les autres qui ne l'ont pas rendu, je donne une punition à faire, un petit travail écrit supplémentaire.
Lui : 'mais j'l'ai fait.'
Moi : 'comment je peux le savoir ? Je t'ai déjà dit que prendre ses affaires, c'est un minimum de respect à mon égard.'
Lui : 'ouais, de toute façon, j'le frai pas le travail en plus'.
Moi (qui ai 29 autres élèves plus ou moins énervés à gérer à ce moment précis) : 'alors ça sera une colle, que veux-tu que je te dise'.
Lui : 'rien à foutre, j'la frai pas non plus. De toute façon vous avez pas le droit de faire ça, eh faut pas rigoler, juste pour travail oublié, n'importe quoi !'
Moi : 'X, tu es prié de ne pas me répondre...'
Lui, m'interrompt, grand sourire provoc' aux lèvres : 'c'est dans le règlement que les élèves ont le droit de s'exprimer'.
A ce moment, j'hallucine, comme disent les élèves. Il se permet de me faire la leçon. Comme l'élève dans le couloir (précédent article). Et bien entendu, le règlement ne dit nullement cela; au contraire, les élèves sont priés de ne pas répondre à un adulte. Excédée, je l'exclus de classe, je fais un rapport et mets une colle.
Nous voilà donc deux semaines plus tard à la fameuse réunion parents-profs. Bonjours tendus, avec la mère, visiblement en colère, mâchant nerveusement son chewing-gum (qu'est-ce qu'ils diraient, eux, si c'était moi qui mâchais...), et le père, complètement éteint. Tout de suite on voit qui dirige à la maison. S'asseyant entre eux, leur fils, X; d'après son sourire je vois déjà qu'il se fiche de moi. Je parle quelques minutes des résultats de l'élève, plutôt bons, 'c'est bien bla bla bla, mis à part l'incident du vendredi...' ET LA, c'est parti, je n'ai pas le temps de finir car l'affrontement commence. Madame me dit, pour résumer, que je suis une mauvaise prof qui ne comprend pas et ne respecte pas ses élèves, qui ne sait pas les écouter, et qu'effectivement son petit chéri a BEL ET BIEN le droit de s'exprimer et de répondre à un adulte. Comme si nous étions en démocratie en classe, avec des élèves égaux aux profs. Tant qu'on y est, on pourrait leur faire la bise le matin et leur apporter des bonbons tous les jours?
La mère manque évidemment elle aussi de bases d'éducation, elle n'a pas compris que le respect à l'école ne marche pas comme cela... Ah oui, et puis mes 'cours sont pas terribles non plus'... Et au milieu de ces deux charmants Parents Sauvages, le jeune sauvageon jubile. Dès la fin de la réunion, je sais qu'il va téléphoner à ses copains pour leur dire comment sa super maman a mouché la connasse de prof, et bien sûr demain ils pourront tous se foutre de moi en classe.
Fin de la conversation, pas d'au revoirs mais un 'faudrait pas que ça se reproduise' de la part de Madame. Monsieur quant à lui a toujours l'encéphalogramme plat. Super. Des menaces. Malheureusement pour moi ce soir-là, je suis seule dans cette salle et aucun collègue ne peut témoigner de ce que j'entends. Et là, je refreine violemment l'envie d'hurler : 'mais grosse vache, espèce de tarée qui a même pas été foutue d'avoir un diplôme en son temps, va donc élever ton gosse au lieu de me faire des remarques!!'. Seulement, je ne peux pas. Car je suis prof. Donc je n'ai pas le droit d'être humaine.

Etre prof, c'est avoir le droit d'être insulté et menacé sans avoir le droit de répondre.
La suite de cet article bientôt.

# Posté le dimanche 27 janvier 2008 10:53

Modifié le lundi 17 mars 2008 05:15

moments de solitude (moi) Acte 1

moments de solitude (moi) Acte 1
Je vais naturellement commencer par moi, car avant de rire des autres, il vaut mieux avoir la modestie de passer par soi-même, hein, soyons honnêtes. Hum. Des moments d'intense solitude, j'en ai connu de magnifiques.

Acte 1 : INCIDENTS TECHNIQUES D'HABILLEMENT.
Scène 1 : LE PULL. Un jour il y a quelques années, pendant une interrogation en Seconde, Y, garçon particulièrement lourd et pénible, m'interpelle.
'eh, Madame!'
'shut! On fait une interro, là, alors tu réfléchis en silence s'il te plait'
'mais Madame...'
'j'ai déjà dit que je ne donnerai aucun mot! Il fallait apprendre la leçon!'
'mais Madame...'
'QUOOOOOOOOOOI ?!?'
'euh... votre pull, il est à l'envers. Moi, c'est pour vous qu'jle dis, hein'
'grmph... (teint qui vire à l'écarlate) merci... travaille, maintenant'
Ce jour-là, j'étais allée manger chez ma mère, et j'avais dû repartir en panique, et effectivement j'avais l'air ridicule avec mon pull à l'envers. Je suis allée l'air de rien (la honte) au fond de la classe et j'ai retourné le pull le plus discrètement possible. Je m'en suis un peu voulue d'avoir hurlé sur cet élève qui pour une fois me voulait du bien.

Scène 2 : LE JEANS. Un après-midi, je m'assois sur un coin de bureau, cela fait des heures que je suis debout à parler et je n'en peux plus. J'explique un texte depuis quelques minutes, lorsque je me rends compte que les élèves au premier rang font les yeux ronds. Et là je me souviens que je n'ai pas jeté le jeans tout craqué à l'entrejambe, celui que je confonds souvent avec un autre, et que je mets encore parfois le week-end. Regard fuyant vers le haut de mes cuisses. Et m****, c'est bien le jeans en question.
Je referme rapidement les jambes et continue le cours comme si de rien n'était. Je remercie mentalement ma mère, qui m'a toujours dit d'avoir de belles culottes au cas où j'aurais un accident et que les pompiers ou les docteurs seraient obligés de me retirer mon pantalon.

Scène 3 : LA SERVIETTE HYGIENIQUE. Alors là j'ai fait très fort. Début de cours avec des élèves bien sympathiques, à qui j'explique les modalités d'examen qui viennent de changer. Pendant ce temps je sors mes affaires de mon sac, mais vu ma concentration toute acquise à la conversation, je pose une serviette hygiénique sur la table, au lieu de mouchoirs pour essuyer le tableau. Honte totale.
Mais bon, je m'en sors bien, avec une petite pirouette, 'oh là là, ils font de beaux emballages bleus pour les biscuits maintenant'. Tout le monde rit de bon c½ur. Ouf.

Scène 4 : LE TEE-SHIRT. Les beaux jours reviennent, et je suis fière d'exhiber mon nouveau tee-shirt rose pétant. Je fais entrer les élèves dans la salle de classe, et là... une élève et moi restons face à face, bouche(s) bée(s). On a le même tee-shirt. Le regard vire en une seconde à la haine pure, façon règlement de compte à OK Corral, avec les deux cow-boys au milieu de la rue principale du village, prêts à faire feu.
Ce tee-shirt, nous ne l'avons plus jamais remis au lycée. La honte totale, pour l'une comme pour l'autre. Un truc de filles, quoi.

Scène 5 : LA CULOTTE. Ce jour-là, j'ai une nouvelle culotte qui a tendance à me rentrer un peu dans les fesses. On a tous vécu ce moment-là, et autant il est facile de faire claquer l'élastique et remettre tout en place quand on est à la maison, autant en public c'est plutôt délicat. N'en pouvant plus, j'ai cet éclair de génie. Je crie un 'oh regardez!!' en pointant la fenêtre du fond de la classe, tout le monde se retourne, et en quart de seconde je fais claquer l'élastique.
Ce fut un léger moment de honte car les élèves ont dû se demander ce que j'avais vu ('elle est pas bien la prof') mais QUEL SOULAGEMENT... Cette technique, je l'ai utilisée à d'autres reprises, avec succès. Très efficace.

Acte 2 demain

# Posté le lundi 28 janvier 2008 08:26

Modifié le jeudi 12 février 2009 16:08