de la poésie dans ce monde de brutes

de la poésie dans ce monde de brutes
Comme promis hier, la petite chanson de rap (haut et fort man, big up pour la National Education et tous ses homies teachers!!). Elle est truffée d'expressions si chères au coeur de l'inspecteur lambda:

DON'T YA MESS WITH MY I.P.R. (déconne pas avec mon I.P.R.)

Salut à tous les profs, moi je suis I.P.R.,
J'raconte n'importe quoi, ouais c'est vraiment pas clair,
J'suis votre 'personne ressource', et je pose mes balises,
Car la maîtrise du code, telle est notre devise.
Moi j'fonctionne en A2, B1 et puis B2,
La notion d'production, là j'assure comme un dieu,
J'fonctionne bien inscrit dans un cadre défini,
J'aime bien déranger tout l'monde, et même le mercredi.

Et si tu restes analphabète,
J'te jure, j'appuie sur la gâchette,
Et ensuite j'te fais une grosse tête,
Espèce d'apprenant bien trop bête.

Moi tu l'auras compris, mon langage est spécial,
'Référentiel bondissant', pour moi c'est moins banal,
'Procédure d'évaluation', message subliminal,
Et au bout de trois phrases, te voilà en fond d'cale.
J'te martèle des 'démarches d'entraînement', des 'descripteurs',
'Validation', 'tour d'parole' et 'articulateur',
J'tembrouille, j't'infantilise façon I.U.F.M.,
L'Institut d'Formatage de Méninges, j'avoue, je l'aime.

Et si tu restes analphabète,
J'te défonce à grands coups d'raquette,
Et j'te fais carrément ta fête,
Gaffe à toi mec, car je te guette.

(raggamuffin) Compétence pragmatique fonctionnelle discursive et culturelle,
Situation simulée authentique et langagière,
Ouais moi j'aime les tâches, les microtâches et toutes les suites peu linéaires,
Stratégies d'compréhension, tout pour mon destinataire,
I.P.R. ...

Et si tu restes analphabète,
J'te force à bouffer des croquettes,
J'te broie les doigts au casse-noisettes,
Et j'te découpe à la machette.


# Posté le vendredi 18 janvier 2008 16:15

Modifié le lundi 21 janvier 2008 05:08

humour de prof

humour de prof
Hum... pas beaucoup de courage aujourd'hui alors je vais me contenter de vous recopier une petite blague, qui bien que pas très récente, fait beaucoup rire en ce moment en salle des profs.

Répondeur scolaire :
'Bonjour, et bienvenue dans l'école de votre enfant. Dans le but de mieux répondre à vos besoins et de vous permettre de parler à la bonne personne dans les meilleurs délais, veuillez écouter le menu suivant avant de faire votre sélection :
_ pour vous plaindre de la cantine, faites le 1.
_ pour vous plaindre du transport scolaire, faites le 2.
_ pour mentir au sujet de l'absence de votre enfant, tapez le 3.
_ pour excuser le fait que votre enfant n'a pas fait ses devoirs, tapez le 4.
_ pour vous plaindre de ce que nous faisons, composez le 5.
_ pour vous plaindre de ce que nous ne faisons pas, faites le 6.
_ pour demander la démission d'un ou de plusieurs enseignants, faites le 7.
_ pour demander que votre enfant change d'enseignant et/ ou de classe pour la troisième fois cette année, faites le 8.
_ pour demander pourquoi vous n'avez pas reçu les documents qui étaient déjà inclus dans votre lettre de convocation, ainsi que dans les précédents bulletins de compétence qui vous ont été postés, composez le 9.
_ pour que nous élevions votre enfant à votre place ou à la place de votre téléviseur, tapez le 0.
_ mais si vous réalisez que vous êtes dans le vrai monde, et que votre enfant doit être responsable de ses actions, de ses devoirs en classe et à la maison, et que ce n'est pas la faute de son enseignant s'il ne fournit pas d'effort(s), alors...
vous pouvez raccrocher ! Bonne journée et à bientôt.'

Pas mal, non ? Bon, bien sûr, le propos est quelque peu exagéré, mais il reflète bien la mentalité dans certaines familles...

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# Posté le samedi 19 janvier 2008 13:21

la connerie est bel et bien humaine

la connerie est bel et bien humaine
Cette semaine, il y a eu pas mal de bêtises dans ma vie de prof.

D'abord notre vénéré ministre, M. Darcos, qui a souhaité réformer certains manuels scolaires. Dans l'un d'entre eux, en économie, on voyait notamment l'importance des échanges mondiaux illustrée par l'exemple on ne peut plus concret du... trafic de drogue, texte et schémas à l'appui. J'ai trouvé l'histoire très amusante. Je me suis demandée pourquoi personne chez l'éditeur ne s'était aperçu que l'argumentation pourrait être sujette à controverse, et aussi pourquoi, si cela semblait si normal, on n'allait pas encore plus loin dans le concret, avec le cercle de la prostitution par exemple. Soyons fous!

Puis un reportage dans l'un des journaux de midi : on y voyait un bras robotique qui aidait les enfants d'une école primaire à bien apprendre à tracer les lettres. Doté d'un retour de force, le bras guidait le mouvement de l'enfant, pour faire un F par exemple.
Problème n°1 : le stylo, bourré d'électronique, était ENORME pour les petites mains, et ne représentait donc nullement le geste réel de l'enfant.
Problème n°2 : combien de classes pourraient en être équipées si le procédé était reconnu ? Probablement encore quelques écoles-pilote privilégiées, comme d'habitude.
Problème n°3 : l'opération était financée par France Télécom. Qu'ont-ils demandé en échange ?
Bon, malgré tout, cela a dû rassurer les parents insatisfaits des professeurs de leurs enfants : 'tu vois mon chéri, bientôt on n'aura plus besoin de M. Martin, tu auras un gentil robot à la place ! En plus, il n'y aura plus besoin de le payer, comme ça Maman aura plus de pouvoir d'achat... et puis il ne fera pas grève. Ca sera bien, hein mon amour ?'. Le rêve...

Ensuite, le gouvernement qui exige des communes qu'elles prennent en charge les élèves (accueil, cantine), les jours de grève de leurs enseignants. Encore une façon de semer la zizanie entre les divers corps de fonctionnaires, et de diviser pour mieux régner. Le test : le jeudi 24. On verra bien...

Pour finir, en salle des profs : premièrement un prof que nous rebaptiserons Jean-Claude Dus bis, et dont nous reparlerons probablement plus tard sur ce blog, qui drague une collègue et se prend un vent MAGNIFIQUE (j'adore ces grands moments). Et deuxièmement, un autre collègue qui se met à tenir des propos homophobes (et se ridiculise car personne ne le soutient) – alors que nous sommes en 2008 et qu'il va bien falloir évoluer un jour. En plus, que sait-il des orientations des autres personnes qui étaient dans la pièce à ce moment-là? J'ai trouvé son attitude assez triste.
Un peu comme ces profs qui un jour finissent par ouvrir les yeux et découvrent – incroyable! - que beaucoup d'élèves fument du shit le week-end, que d'autres boivent régulièrement à se rendre malades, et que d'autres encore ont des relations sexuelles, parfois très hors normes (ou le tout cumulé lol)... Le genre de prof qui croit que tout est encore carré et semblable à ses propres bonnes vieilles valeurs d'antan, et que tout le monde doit être 'normal' comme lui.
En tout cas, ce qui est paradoxal, c'est de constater que la tolérance des homosexuels à l'égard des homophobes est bien plus élevée que l'inverse. Une leçon à méditer, particulièrement dans notre métier où nous devrions être tenus à une certaine ouverture d'esprit.

# Posté le dimanche 20 janvier 2008 16:15

Modifié le mardi 29 janvier 2008 08:52

parents et voyages scolaires

parents et voyages scolaires
A chaque fois que je participe à un voyage scolaire, que ce soit une sortie de quelques heures ou un circuit de plusieurs jours, et que ce soit dans l'organisation ou simplement comme accompagnatrice, ce sont éternellement les mêmes problèmes qui reviennent. Pas avec les enfants, qui généralement se comportent très bien en sortie, mais avec certains parents.

En premier lieu, le payement du voyage, car il y a TOUJOURS des retards, entre :
_ ceux qui nous embrouillent avec leurs histoires de cofinancement avec l'entreprise du père ou de la mère, et qui nous hurlent dessus si nous avons le malheur de ne pas comprendre immédiatement pourquoi ils ont fait un chèque de 105 Euros au lieu de 175 ;
_ceux qui oublient d'écrire leur nom sur les papiers d'inscription, le numéro de leur assurance sur l'autorisation d'absence, qui ne vont à la mairie demander une autorisation de sortie de territoire ou un renouvellement de la carte d'identité que la veille du départ à 16h, ou encore qui s'étonnent qu'il n'y ait plus de cash à la banque dans la devise étrangère dont ils ont besoin (toujours la veille, mais vers 17h). Ceci, ALORS QUE NOUS AVIONS TOUT ECRIT sur les différents papiers d'information arghhhhhhhh ;
_ et puis ceux qui 'oublient' (ah ben m**** alors...) tout simplement de payer, et qu'il faut poursuivre jour après jours alors que l'on aurait franchement d'autres choses à faire.

Ensuite, la réunion avant le départ : parents visages fermés, montrant bien qu'ils n'apprécient pas qu'on leur impose de venir au lycée après le travail (car EUX, ils bossent). Peu de 'bonsoir', mais beaucoup de machouillage de chewing-gum, de bavardages alors que nous sommes en train de parler, ou de pianotage sur le téléphone portable. C'est vrai, après tout, ils ont payé, et nous leur devons tout. C'est d'autant plus évident que ce sont souvent les parents les plus favorisés du lycée, alors le mépris à notre égard est total. Les questions sur le logement et sur les visites sont parfois posées comme si nous étions des chiens.
Je déteste ces réunions d'avant voyage, pendant lesquelles j'ai l'impression au mieux de vendre un produit et au pire d'être en face de l'ennemi. Je ne pense pas que les parents imaginent un seul instant la somme d'efforts que représente l'organisation d'une sortie, des heures et des heures non payées en dehors de notre temps de travail habituel. Je pense aussi que la relation doit être plus humaine à l'école et au collège ; au lycée c'est vraiment très particulier...

Mais ce qui fait le plus mal, c'est les retours. Lorsque l'on rentre vers minuit ou une heure du matin, et que PAS UN parent ne descend de sa voiture pour nous saluer ou nous demander comment ça c'est passé. En quelques minutes, tout le monde se barre, il n'y a pas d'autre mot, et même certains élèves ne nous disent pas au revoir. Les parents, on a l'air de les ennuyer profondément en les faisant lever la nuit pour venir chercher leurs enfants...
Mais il y a aussi le fin du fin : ceux qui arrivent en retard. Le bus est parti depuis 20 bonnes minutes, et nous les profs sommes là comme des imbéciles devant le lycée en pleine nuit, au milieu de nos bagages, à attendre qu'un ou deux élèves soient enfin récupérés par le père ou le copain. Pas le droit de partir tant qu'il reste un enfant, il en va de la responsabilité du lycée. Et parfois une heure d'attente, parce que le père 'était à une fête chez des amis' ou que le copain 's'était endormi'. Là encore, quand ils arrivent enfin, vous n'avez droit à aucun mot d'excuse. A ces moments-là, vous avez envie de hurler. D'autant qu'il se peut que le lendemain vous ayez cours à 8h.

Alors bien sûr, ces parents-là ne doivent pas faire oublier les 'bons', ceux qui nous respectent et avec qui nous avons un formidable rapport humain, mais je dois honnêtement dire qu'ils s'effacent peu à peu derrière cette foule de consommateurs sans aucune gêne. C'est très dommage...

# Posté le lundi 21 janvier 2008 05:59

Incivilités volume 1

Incivilités volume 1
Vous les quelques qui me lisez (tout d'abord bonjour et merci lol), vous devez me trouver bien pessimiste, il y en a qui doivent dire 'mais elle est tout le temps en train de se plaindre celle-là'. Y en a même qui doivent trouver SCANDALEUX que je ne mette pas plus d'entrain à aller travailler, vous savez, de ces profs qui ont eu la chance de tomber dans un bahut sympa, qui parlent de vocation, de mission éducative à tour de bras et qui ne conçoivent pas qu'on puisse en avoir ras-le-bol.
C'est à ces derniers que je m'adresse aujourd'hui, en racontant ma matinée. Ce matin, je n'avais que 2 heures de cours, mais les 3 heures que j'ai passé au lycée ont été jalonnées d'X actes d'incivilité.

7h30 : salle des profs, une collègue me raconte qu' hier elle a exclu la moitié d'une classe que nous avons en commun, car les élèves s'étaient accordés un bon 20-25 minutes de pause au lieu des 10 réglementaires de récré. Non seulement elle a dû insister pour que ces mignons enfants acceptent de partir en permanence, mais elle a en plus dû faire face à l'hostilité du reste de la classe qui 'ne comprenait pas pourquoi on punissait les autres'. La solidarité dans la connerie, je connais bien dans certaines classes. Nous passons notre temps à expliquer pourquoi telle ou telle sanction, à des jeunes hypocrites qui savent très bien pourquoi.

8h : surveillance de Bac blanc. Deux élèves arrivent en retard, pas de 'bonjour' ni d'excuses, mais le grand sourire aux lèvres devant les copains pour mieux nous narguer. D'autres on oublié la carte d'identité ou la convocation, voire les deux, alors qu'on leur a répété maintes fois de les amener. Je dois même aller dans une autre salle identifier visuellement une élève qui a tout oublié à la maison. Heureusement pour elle que j'étais là, car les autres profs ne la connaissaient pas, et c'était zéro. Par contre, j'ai noté qu'elle avait pensé à son MP3, sa barre chocolatée et son Fanta. Mais bon, il y a des priorités dans la vie, des choses que les profs ne peuvent pas comprendre.

9h : j'ai cours, mais je dois me frayer un passage dans les couloirs entre les élèves affalés, qui gesticulent, se font la bise et ralentissent tout le monde, ou se battent pour rire. Cela tient d'ailleurs du miracle que je ne me sois jamais pris un coup de toute ma carrière. En route, je remets en place deux élèves qui hurlaient 'salope' et 'grosse pute' pour se saluer (eh oui, tellement plus convivial...). Elles me regardent de travers, je suis sûre qu'elles vont m'insulter une fois que je serai plus loin dans le couloir.
Début du cours, avec une des classes sensées représenter l'élite du lycée : sur 15 présents, 4 élèves ont oublié leur document à la maison. Soupir. L'un d'entre eux machouille, je l'envoie à la case poubelle. Re-soupir. Il s'agit aujourd'hui d'un document sur les conditions de vie au Sri Lanka ; mon but est de leur faire réaliser que certaines familles sont si pauvres qu'elles n'ont même pas les moyens d'acheter une lampe à huile, donc une fois la nuit tombée, on se couche et rien d'autre. Aucune place pour les loisirs, les jeux, l'éducation. Réflexion d'une élève : 'ben de toute façon ils n'ont pas de cahiers là-bas, alors ils pourraient pas écrire'. Prooooooofond soupir.
Pour cette section, nous organisons un voyage dont ils sont les bénéficiaires prioritaires. Or sur les 10 Terminales, aucun ne part: 'c'est trop cher', 'le programme est pas terrible' ou 'faut que j'achète une guitare ou la Wii', sont des arguments que j'entends chaque année... Argghhh ! Et parmi ceux qui partent en Première, une élève dont les chèques posent problème. Je lui dis d'aller voir la professeur responsable du voyage 'vite vite à la pause' pour régler ça. Râles et protestations : on va lui griller une partie de sa récré, l'horreur quoi. D'ailleurs, cinq bonnes minutes après le début de la pause, je la vois dans la cour avec ses copains. Ma collègue ne l'a vue que plus tard.

10h : je me fais bousculer par des élèves qui rentrent dans le bâtiment comme des fous furieux. Laisser passer un prof, les élèves ne connaissent plus. Tenir la porte pour le suivant non plus d'ailleurs. Alors que je pousse un sac pour enfin pouvoir passer, j'entends dans mon dos (donc non-identifiable) un 'et dire pardon alors ???' Je crois rêver. Ils osent me faire la morale.
Pour finir, sur le chemin du parking, je croise un collègue avec qui je partage la classe d'élites (rire) dont je parlais juste avant. La veille, il leur expliquait la différence entre accents anglais et américain, la base pour des élèves littéraires. Réflexion d'une élève : ''ben sérieux, à quoi ça va nous servir ?' Réponse (lasse) du prof : 'à savoir d'où vient celui à qui tu t'adresses'. Elève : 'ben, on a qu'à lui demander' Prof (à bout) : 'et dans un film, tu sauras à qui tu as affaire peut-être ?' Autre élève : 'ben ouais, dans les films c'est des célébrités'. NO COMMENT.

Voilà, Madame ou Monsieur C'estscandaleuxqu'ilyaitdesprofscommedansceblog, tu réponds quoi à ça ?
Allez, à plus tard...

# Posté le mardi 22 janvier 2008 06:09

Modifié le mercredi 11 février 2009 10:13